La France a choisi de développer le nucléaire. Avoine, près de Chinon, est en 1963 le premier réacteur. 57 suivront.
D’ici à 2035, l’État et EDF SA prévoient d’en arrêter 14, et d’en prolonger 44 au-delà de 50 ans, voire 60.
Aussi de construire 6 nouveaux EPR2, et plein de mini-réacteurs (SMR) (1).
Les arguments qui fondent le choix de l’énergie nucléaire sont connus : en premier, ce serait une énergie sûre et bon marché ; puis, le changement climatique
s’affirmant, l’électricité nucléaire sauverait le climat.
Une énergie pas si sûre
L’industrie nucléaire utilise l’uranium 235, dont la fission nucléaire produit du strontium 90, du césium 137, du plutonium 239, de l’iode 131... : autant de radioéléments qui interagissent dangereusement – cancers,
brûlures – avec les organes du corps humain.
Les catastrophes de Tchernobyl en 1986, et de Fukushima en 2011 révèlent les immenses dégâts causés, et leur quasi éternité au regard de notre durée de vie.
Les inondations et les tempêtes entraînent des risques de submersion d’eau douce (Le Blayais en Gironde) ou … salée (tempête Goretti de début 2026 sur la Manche).
Les sécheresses rendent plus difficile le refroidissement des réacteurs (2003, puis les années 2020 pour ceux sur la Loire).
Les risques géopolitiques sont évidents depuis les guerres d’Ukraine et du Proche-Orient où les centrales sont des cibles de choix.
Enfin, les 57 réacteurs en France sont bien regroupés sur 18 sites et constituent des objectifs hyper vulnérables : quelques missiles et des dizaines de drones et BOUM ! Plus d’électricité !
Adieu ordi, smartphones, TV, machines à laver, batteries électriques de vélo, auto...
Une énergie pas vraiment bon marché
La dernière-née, la centrale de Flamanville (Manche), construite en 16 ans au lieu de 4, pour la modique somme de 23 milliards au lieu de 3.
Très chère, si on compte aussi l’approvisionnement en uranium, le transport et le traitement des déchets, leur enfouissement (1), et leur surveillance pour des centaines d’années, le coût du démantèlement, toujours plus long et cher que prévu... (18 ans d’activité et 55 ans de travaux de démantèlement pour celui de Brennilis, commencé en 1985, et prévu jusqu’en 2042).
L’électricité nucléaire ne sauvera pas le climat
• Les délais de construction sont intenables, toujours des années en plus, 2040 ? 2045 ? pour la mise en route des 6 EPR2 annoncés par le gouvernement.
• Le nucléaire, c’est trop cher : investissements considérables, énormes subventions publiques (2). Pour un euro investi, l’efficacité énergétique et les énergies
renouvelables sont bien plus performantes que le nucléaire pour réduire les gaz à effet de serre !
• Le coût de l’électricité nucléaire est plus élevé que celui produit par les renouvelables.
• Enfin, nous ne sommes pas seuls au monde. La part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité était de 17,1 % en 2001, de 10 % en 2020 et de 8,97 % en 2025.
Partout, c’est la part de l’électricité nucléaire qui décline (la valeur absolue de production électrique mondiale augmente peu).
Autres temps, autres mœurs ?
C’était avant : les productions renouvelables étaient vues comme ruineuses et produisant peu.
Aujourd’hui, les nucléocrates protestent contre les énergies renouvelables concurrentes, et à des coûts plus faibles que ceux du nucléaire.
EDF exporte dans les pays voisins cette électricité abondante : à eux l’électricité bon marché, à nous les déchets, les risques et les démantèlements futurs.
Que faire ? Empêcher le soleil de briller et le vent de souffler ?
Non : à l’heure de construire 6 EPR2, EDF, qui avait un peu investi dans les énergies renouvelables en France, en Italie, et aux États-Unis, vient d’annoncer sa décision de se désengager de ses activités renouvelables...(3). Il ne s’agit plus d’économiser l’énergie, mais de dépenser plus d’énergie nucléaire !
(1) Voir dans le prochain numéro du Journal de la Coop
(2) C’est le livret A, destiné à financer le logement social, qui va couvrir jusqu’à 60 % du montant total du chantier des nouveaux EPR2. Habiter une tour de refroidissement :) ?
(3) Valeurs Actuelles, fin février 2026. Sources : site web de l’Agence internationale de l’énergie atomique ; Le Figaro, oct. 2025 ; L’ACROnique du Nucléaire ; l’Observatoire du Nucléaire ; site RTE





