Accueil

Véritable coopérative de consommateurs

Depuis plus de 40 ans

Accueil>Actualités>Glyphosate : où en est-on en 2021 ?

Glyphosate : où en est-on en 2021 ?

07/12/2021
A savoir
On ne le présente plus. Peu cher, redoutable et facile à utiliser, le glyphosate a longtemps été considéré comme LE produit miracle par les agriculteurs « conventionnels ».

Largement controversé, il devait être totalement supprimé en 2020, comme l'avait promis Emmanuel Macron, avant qu’il ne se ravise, fin 2017, pour prolonger son autorisation. Où en est-on aujourd’hui ?

Une décision européenne attendue en 2022

L’autorisation européenne du glyphosate s’étend jusqu’à décembre 2022. Sans surprise, son principal fabricant, le groupe allemand Bayer propriétaire de Monsanto, a déjà demandé son renouvellement.

Pour accompagner la prise de décision, des consultations publiques ont été lancées par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Depuis le 23 septembre et pendant soixante jours, les parties intéressées sont donc invitées à adresser des données scientifiques pour compléter l'évaluation initiale des pays rapporteurs :  France, Pays-Bas, Hongrie et Suède. La polémique autour de ce dossier a exigé un partage des tâches, alors que la tradition est de confier à un seul pays le sujet questionné : la question est épineuse !

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) est chargée de l’évaluation des données écotoxicologiques.

L’ECHA et l’EFSA devraient donner leur avis avant le second semestre 2022. La Commission européenne et les vingt-sept États membres trancheront au plus tard le 15 décembre 2022.

Un espoir réel pour l’interdiction ?

Rien n’est certain !

Les 4 États rapporteurs ont rendu, en juin dernier, un premier document commun de 11 000 pages. Ils estiment pour leur part qu’« une classification cancérogène du glyphosate n’est pas justifiée »,  celui-ci n'étant ni « cancérogène », ni « reprotoxique », ni « mutagène », mais reconnaissent des effets indésirables tels que des lésions oculaires graves et une vraie toxicité pour la vie aquatique.

Comment expliquer la différence entre cet avis et les cris d’alarme des associations ?

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) se fonde sur des études indépendantes, publiées et relues par des pairs. Ce n’est pas le cas de celles sur lesquelles s'appuient les États membres qui font appel à des études non publiées et commandées par des industriels.

Et la France dans tout ça ?

Un rapport de l’ANSES du 9 octobre 2020 définit les usages du glyphosate : « L’usage de la substance est dorénavant restreint aux situations où le glyphosate n’est pas substituable à court terme ». Cette nuance laisse donc la porte grande ouverte aux exceptions, par exemple continuer à utiliser librement le glyphosate, pour des plantations en forte pente ou dans des « parcelles non mécanisables »... Elle laisse présager davantage une réduction qu'une suppression pure et simple de l’utilisation du produit sur notre territoire.

Tous les modes d'action qui auraient dû être profondément transformés peuvent ainsi désormais se soustraire à l’interdiction… Cela va complètement à l’opposé d’une transformation du monde agricole vers des pratiques plus douces. Moins de glyphosate ? Mais sans effort !

Rappelons que si la consommation française de glyphosate a baissé en 2021, elle reste de 8645 tonnes par an. La France en est ainsi le premier consommateur européen, malgré l’interdiction de son utilisation dans les espaces et jardins publics ainsi que dans les jardins des particuliers.

Un échec cuisant pour les défenseurs d’une agriculture plus proche du vivant et respectueuse de la santé ! 

Quels moyens d’action ?

Pour inciter la France à se positionner contre le renouvellement de cette autorisation, Foodwatch et Générations Futures viennent de lancer une coalition de 37 organisations qui souhaitent mettre Emmanuel Macron face à sa promesse non tenue. Elles estiment que la présidence française du Conseil de l’Union européenne doit être l’occasion de porter publiquement cette sortie du glyphosate à l’échelle européenne dès la fin de 2022 : plus de grandes déclarations, mais des actes !

À l’exemple du Luxembourg, seul pays à avoir, au 1er janvier 2021, interdit l’usage sur son territoire, espérons que 2022 soit synonyme de sursaut et d’un changement plus que jamais nécessaire pour tous les êtres vivants.

Sources : Courrier de l’Ouest, Reporterre, Actu environnement, La Croix, EFSA, Le Monde, Up, Novethic

Partagez cette information :