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L'État supprime les aides au maintien de l'agriculture bio.

26/12/2017
Alertes
«Le ministre de l'agriculture recentre les aides sur le soutien aux nouveaux producteurs, provoquant l'incompréhension de la filière. » (1)

Un peu d’histoire

En 2010, le ministre de l’Agriculture Michel Barnier a mis en place des aides au maintien de l’agriculture biologique. Il apparaissait à l’époque qu’une fois l’aide à la conversion touchée, les producteurs bio étaient moins soutenus que les conventionnels, du fait du mode de calcul des aides directes (2).

Les aides au maintien avaient donc vocation à compenser une injustice, afin d’inciter les producteurs à continuer dans la voie de la production bio, en les soutenant pour

au moins 10 ans (Conversion 5 ans + Maintien 5 ans).(3)

Un retour en arrière de l’actuel gouvernement

En septembre dernier, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, annonce que l’État ne financera plus l’aide au maintien.

Ainsi ampute-t-il de 5 ans les aides ouvertes aux producteurs bios, marquant ainsi un recul historique et revenant à la situation déséquilibrée d’avant 2010.

Le ministre de l'Agriculture a assuré jeudi 14 décembre 2017 que le choix de verser ces aides au maintien dans l'agriculture bio revenait désormais aux régions (4).

Mais le gouvernement ne s’arrête pas en si mauvais chemin :

Non content de supprimer l’aide au maintien, il prévoit également de réduire à 3 ans l’aide à la conversion, en contradiction totale avec le discours gouvernemental qui prétend

« se recentrer sur la conversion » et inciter les services environnementaux.

Pour les aides au maintien, "c'est un dialogue avec les régions. Elles sont libres de gérer", a dit Stéphane Travert, en estimant que "les agences de l'eau peuvent" aussi "financer de l'aide au maintien".(4)

En 3 mois, les agriculteurs qui souhaitent passer en bio ont donc perdu 7 ans de soutien financier, et le gouvernement a perdu la confiance des producteurs bio.

  

140 millions d'euros par an réclamés.

Les agriculteurs bio aimeraient également que la France anticipe sur la rémunération pour services environnementaux rendus, comme s'est engagé à le faire le président de la République en vue de la prochaine Politique agricole commune (2020).

Ils demandent 418 millions d'euros sur trois ans, soit 140 millions par an, "une goutte d'eau sur les 7,7 milliards d'euros des fonds PAC", selon la Fnab (Fédération nationale de l’agriculture biologique).(4)

(1) Le Monde Économie 22.sept 2017

(2) Économie Rurale (Kirsch et al.) Mai-Juin 2017

(3) Actualité site FNAB

(4) Europe 1, interview du 14 déc 2017

anne laure manif bio 20171108 102608-3349169

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